
Serigne Abdou Samath Mbacké, fils de Serigne Modou Faty Khary Mbacké, est monté au créneau pour réagir aux récentes déclarations du président de Pastef, Ousmane Sonko, évoquant un supposé « argent sale » qui aurait été distribué dans la ville sainte de Touba.
Dans une lettre ouverte au ton ferme, il dénonce des propos qu’il juge « maladroits » et estime qu’ils portent atteinte à l’honneur de toute une communauté.
« Accuser une communauté entière d’avoir reçu de l’argent issu d’activités illicites constitue une offense envers les hommes et les femmes honnêtes et dignes qui vivent à Touba », écrit-il.
Tout en précisant que toute personne impliquée dans des pratiques illégales doit répondre de ses actes, Serigne Abdou Samath Mbacké estime qu’il est inacceptable de faire peser le soupçon sur l’ensemble des habitants de la ville sainte sans désigner les personnes concernées ni présenter d’éléments précis.
Selon lui, si des preuves existent, elles doivent être portées à la connaissance de l’opinion et les responsables identifiés. À défaut, de telles déclarations risquent d’alimenter la confusion et de porter atteinte à la réputation de Touba ainsi qu’à celle de la communauté mouride.
L’auteur de la lettre rappelle également que de nombreux citoyens de Touba continuent de croire au projet politique porté par Ousmane Sonko et Pastef. Il avertit toutefois que des déclarations imprécises peuvent fragiliser la confiance entre les dirigeants et les populations.
« La confiance est le socle de toute relation entre un dirigeant et son peuple. Elle se construit dans la rigueur, la précision des propos et le respect de tous », souligne-t-il.
En guise d’appel à la responsabilité, Serigne Abdou Samath Mbacké conclut sa lettre en citant une maxime devenue célèbre :
« Il faut vingt ans pour bâtir une réputation et cinq minutes pour la détruire. »
Par cette sortie, il invite Ousmane Sonko à privilégier, à l’avenir, des déclarations plus précises et mieux étayées lorsqu’elles concernent des sujets aussi sensibles que l’honneur d’une communauté.
Par Thiathia



