
La victoire de Khaled el-Enany à la tête de l’UNESCO, acquise par 55 voix contre 2, ne surprend guère. Soutenu par la Ligue arabe, l’Union africaine et plusieurs puissances occidentales, l’ancien ministre égyptien de la Culture était en campagne depuis deux ans.
Mais au-delà du triomphe diplomatique, une question se pose : que pourra réellement changer ce nouveau leadership dans une institution souvent jugée trop bureaucratique ?
Alors que le départ annoncé des États-Unis en 2026 pourrait priver l’UNESCO de près de 10 % de son budget, le défi financier s’annonce colossal.
El-Enany promet de diversifier les sources de financement et d’impliquer davantage le secteur privé. Mais cette ouverture ne risque-t-elle pas d’affaiblir l’indépendance de l’organisation ?
Enfin, le nouveau directeur général parviendra-t-il à réconcilier efficacité et légitimité dans une institution où les lourdeurs administratives freinent souvent l’action ? Derrière une victoire éclatante, c’est une mission de réinvention qui commence pour l’UNESCO.
Par Komi ABLE


