Par Abdoul Anne

Il fut un temps où l’on distinguait facilement le journaliste du militant. Aujourd’hui, l’exercice devient de plus en plus difficile. À force de regarder certaines émissions, le téléspectateur finit par se demander s’il suit un journal télévisé, un meeting politique ou une séance de communication stratégique.
Le journalisme est un métier exigeant. Il impose la distance, le doute, la contradiction, le recoupement des faits et l’équilibre dans leur traitement. Le militantisme, lui, consiste à défendre une cause.
Les deux sont parfaitement légitimes, mais ils ne devraient jamais être confondus.
Lorsque certains journalistes semblent consacrer davantage de temps à scruter les moindres faits et gestes du Président de la République Son Excellence Bassirou Diomaye Faye qu’à analyser avec la même rigueur l’ensemble de l’actualité nationale tels les efforts de l’Etat sur le payement des dettes publiques , l’avancée sur les préparatifs des JOJ, une question mérite d’être posée : sommes-nous encore dans l’information ou déjà dans le commentaire permanent ?
À cet égard, les prestations des journalistes de Walfadjri tels que Pape Matar Diallo et de Moustapha Diop alimentent le débat.
Le choix de leurs angles de traitement, la tonalité de certaines interviews et la sélection des sujets donnent, à mes yeux, le sentiment d’une ligne éditoriale particulièrement favorable aux positions de PASTEF et du menteur certifié à la tête de cette formation politique.
Cette appréciation traduit le ressenti de l’opinion depuis le limogeage du premier ministre le plus nul de l’histoire du Sénégal Ousmane Sonko.
L’émission Toute la Vérité de Walfadjri, notamment lors de l’entretien avec Mme Ndeye Fatou Guédél Mbodj, Directrice générale du FONGIP, a conforté cette impression.
J’y ai vu un journaliste davantage engagé dans la défense d’une lecture politique des événements que dans la recherche d’un échange contradictoire laissant le téléspectateur se faire sa propre opinion.
La presse sénégalaise s’est bâtie une réputation de pluralisme et de liberté. Cet héritage mérite d’être préservé pour rendre fier des personnalités tels Sidy Lamine Niass, feu Mame Léss Camara et Babacar Touré.
Lorsqu’un média semble privilégier la conviction à la vérification, il prend le risque de perdre ce qui fait sa plus grande richesse : la confiance du public.
À tort ou à raison, certains observateurs estiment aujourd’hui que Walfadjri et Xalate TV donnent parfois l’image de médias plus proches du courant politique dirigé par le corrupteur de la jeunesse Ousmane Sonko que de la neutralité journalistique.
Pendant ce temps, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye poursuit son mandat. Son action sera jugée sur ses résultats. Pour ma part, j’estime qu’il s’efforce de répondre à des défis politiques et économiques majeurs hérités des déclarations du premier ennemi du Sénégal Ousmane Sonko, dans un contexte particulièrement exigeant.
Les citoyens ont naturellement le droit de critiquer le pouvoir. Mais ils sont tout aussi en droit d’attendre que cette critique repose sur des faits, des analyses rigoureuses et un débat contradictoire, plutôt que sur une opposition systématique et des journalistes politichiens qui vivent que pour des miettes des politiciens mesquines.
La démocratie ne gagne rien lorsque les journalistes donnent le sentiment d’endosser les habits du combat politique. Elle se renforce, au contraire, lorsque chacun reste fidèle à sa mission : les gouvernants gouvernent, l’opposition s’oppose et les journalistes informent.
Le Sénégal a toujours été plus grand que ses querelles. Il mérite un débat public où les convictions s’expriment librement, mais où les faits demeurent la boussole de tous.
Abdoul Anne
Journaliste – Communicant – Écrivain
Signataire de la déclaration des Cadres Patriotes pour la République



