
Pendant des siècles, la manière dont les femmes s’asseyaient n’était pas laissée au hasard. Les robes longues imposaient des positions précises, jugées élégantes et respectables. Croiser les chevilles, garder les genoux serrés, occuper peu d’espace : tout était codifié. Cette posture traduisait la bienséance et la discrétion, des qualités longtemps associées à la féminité.
Dans de nombreuses sociétés occidentales, l’éducation des jeunes filles insistait sur la retenue corporelle. La posture devenait alors un marqueur social : bien s’asseoir, c’était montrer sa bonne éducation et son respect des normes. À l’inverse, s’asseoir jambes écartées pouvait être perçu comme un manque de tenue.
Même lorsque les vêtements ont évolué et raccourci au XXe siècle, ces habitudes sont restées bien ancrées. Croiser les jambes au niveau des genoux est devenu une norme implicite, toujours liée à l’idée de « bien se tenir ». Le geste s’est transmis de génération en génération, souvent sans explication consciente, jusqu’à devenir un réflexe presque automatique.
Par Komi ABLE


