
La ville de Bordeaux s’apprête à franchir une étape symbolique dans le processus de restitution du patrimoine africain. Le 1er juin prochain, le conseil municipal doit se prononcer sur le refus d’un legs de 53 objets d’art africains afin de permettre leur retour éventuel dans leurs pays d’origine, une décision encore rare en France.
Ces œuvres proviennent de la collection constituée entre 1974 et 1982 par la sage-femme française Marie-Thérèse Petit et son époux lors de leurs séjours professionnels en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, notamment au Togo, au Niger et au Gabon. À son décès en 2022, la collection avait été léguée à la municipalité bordelaise.
Sept pays africains sont concernés par cette possible restitution : le Togo, le Gabon, le Nigeria, le Niger, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo et le Burkina Faso. Le Gabon, le Nigeria et la Côte d’Ivoire ont déjà manifesté leur intérêt pour récupérer les biens les concernant.
Cette initiative intervient dans le sillage de la loi française adoptée en avril 2025, destinée à faciliter la restitution des œuvres acquises durant la période coloniale. Les autres pays disposent d’un délai de deux ans pour faire connaître leur position.
Par Komi ABLE

