
Alors que le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Abdourahmane Diouf, visite ce lundi 5 janvier 2026 la décharge de Mbeubeuss, une inquiétude sourde traverse le site. Derrière les annonces de modernisation et les promesses du Projet de promotion de la gestion intégrée et de l’économie des déchets solides (Promoged), une question obsède les récupérateurs : que deviendront-ils demain ? Seront-ils intégrés au projet ou simplement effacés du paysage ?
Dès l’aube, le dimanche 4 janvier, les silhouettes familières se découpent sur les montagnes d’ordures. Fouiller, trier, récupérer avant les autres : ici, chaque geste est une question de survie. Plus de 3.000 personnes dépendent entièrement de cette décharge exploitée depuis 1968. La réhabilitation annoncée signifie-t-elle un avenir plus digne ou la fin brutale d’un moyen de subsistance déjà précaire ? Où iront-ils si le site ferme ? Qui les formera ? Qui les indemnisera ?
Assis sur un monticule de déchets, Mouhamadou Wade, secrétaire général de l’Association des récupérateurs de Mbeubeuss, regarde l’horizon noyé de fumée. Sa crainte résume celle de tous : les décisions se prendront-elles avec eux… ou sans eux ?
Par Komi ABLE


