
La visite du ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, effectuée hier mardi aux lacs des Maristes, a mis en lumière une réalité inquiétante. Comment un espace classé au cœur de la Grande réserve urbaine des Niayes a-t-il pu devenir le théâtre de telles violations environnementales ? Déversements d’eaux usées, occupations irrégulières et aménagements anarchiques : qui protège réellement ces zones humides essentielles à l’équilibre écologique de Dakar ?
Sur le terrain, le constat est sans appel. Dépotoirs sauvages, urbanisation excessive, installations clandestines et rejets d’eaux usées à ciel ouvert accélèrent la dégradation des lacs. Jusqu’à quand cette pollution continuera-t-elle ? Quelles conséquences pour la biodiversité déjà fragilisée ? Oiseaux, plantes et faune aquatique subissent de plein fouet ces agressions, tandis que les services écosystémiques rendus par ces plans d’eau sont progressivement compromis.
Face à cette situation critique, les acteurs locaux tirent la sonnette d’alarme. Membre du Comité de gestion de la Grande réserve urbaine des Niayes, Abdou Karim Ndiaye dénonce des ouvrages réalisés sans autorisation, modifiant le ruissellement des eaux à des fins parfois privées. À qui incombe la responsabilité ? Les décisions suivront-elles enfin les constats, ou les lacs des Maristes resteront-ils les victimes silencieuses de l’inaction ?
Par Komi ABLE


