
Au Burkina Faso, l’annonce du gouvernement fait l’effet d’une déflagration politique. Le putsch avorté du 3 janvier aurait, selon les autorités, visé l’assassinat du capitaine Ibrahim Traoré. Au cœur de ces accusations : l’ancien président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, aujourd’hui en exil. Comment un ancien chef de l’État en est-il venu à être désigné comme le cerveau d’un complot contre son successeur ? Et sur quels éléments précis reposent ces accusations ?
Ouagadougou affirme que le projet de coup d’État était minutieusement préparé et impliquait des réseaux militaires et civils encore actifs. Qui étaient les exécutants présumés ? Jusqu’où s’étendaient les ramifications de cette tentative ? Pourquoi le complot a-t-il échoué au dernier moment ? Le silence de Damiba, pour l’instant, alimente davantage les spéculations que les certitudes.
Cette affaire soulève enfin une interrogation majeure : le Burkina Faso est-il réellement sorti de la spirale des luttes de pouvoir militaires ? Ou assiste-t-on à un nouvel épisode d’une transition toujours fragile, où chaque accusation ravive les fractures au sommet de l’État et nourrit l’incertitude sur l’avenir politique du pays ?
Par Komi ABLE


