
Alors que le Sénégal amorce une nouvelle ère avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, une transition plus discrète mais décisive s’opère dans les transports. À Dakar, où la congestion routière pèse lourdement sur l’économie, la santé publique et l’environnement — jusqu’à 10 % du PIB local — la transformation de la mobilité n’est plus une option. Elle s’impose désormais comme une priorité stratégique.
Le lancement en 2024 du premier Bus Rapid Transit (BRT) 100 % électrique d’Afrique marque un tournant historique. Avec 121 bus articulés, un corridor de 18,3 km et une capacité estimée à 300 000 passagers par jour, le projet réduit drastiquement les émissions, évitant près de 59 000 tonnes de CO₂ par an. Il prouve que la mobilité électrique est une solution réaliste, adaptée aux réalités urbaines africaines.
Cette avancée intervient dans un contexte paradoxal : le Sénégal devient producteur d’hydrocarbures tout en s’engageant à réduire ses émissions d’ici 2030. L’enjeu est clair : mobiliser les nouvelles ressources pétrolières et gazières pour accélérer la transition des transports, responsables d’environ 35 % des émissions énergétiques, et bâtir un modèle de développement durable.
Par Komi ABLE



