
Le préfet du département de Kolda a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre les manifestations culturelles connues sous le nom de « Kankourang » sur la voie publique. L’arrêté est entré en vigueur ce lundi, au lendemain d’un drame qui a coûté la vie à un adolescent de 16 ans.
Dimanche soir, le jeune a été poignardé lors d’une altercation entre adolescents survenue au cours d’une sortie de « Kankourang ». Cet énième incident a poussé les autorités à réagir face à une situation devenue préoccupante.
Motifs de sécurité
Dans son arrêté, le préfet invoque la préservation de l’ordre public et de la libre circulation des personnes, mais aussi la multiplication d’actes violents liés à ces rassemblements. Ces derniers sont souvent marqués par l’usage d’objets contondants, parfois mortels.
Le document avertit que toute violation de l’interdiction sera sanctionnée « conformément aux lois et règlements en vigueur ». Le commissaire central de Kolda a reçu instruction d’assurer l’exécution de la mesure.
Tradition et inquiétudes
Symbole culturel fort dans la région, le « Kankourang » est un rituel initiatique qui attire chaque année de nombreux jeunes et curieux. S’il demeure un moment de ferveur et de communion, il est aussi devenu, ces dernières années, synonyme de débordements. Les bagarres, agressions et drames mortels se multiplient, alimentant un climat d’inquiétude.
En suspendant temporairement ces manifestations, les autorités cherchent à prévenir de nouvelles violences. Une décision qui, si elle soulage une partie de la population, risque aussi de susciter des débats sur la manière d’encadrer une tradition profondément enracinée dans la culture locale.
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