
La présidente de la Cour suprême du Ghana, Mme Justice Gertrude Torkornoo, a été officiellement démise de ses fonctions par le président de la République à la suite d’une procédure de destitution menée par le Parlement. Cette décision fait suite à de graves accusations d’abus de fonction, notamment des interférences répétées dans des procédures judiciaires sensibles et une utilisation jugée inappropriée de ses prérogatives à des fins personnelles.
Selon le rapport présenté par une commission parlementaire spéciale, la magistrate aurait exercé des pressions sur plusieurs juges subalternes pour influencer le cours de certains dossiers en cours, en lien avec des intérêts politiques et économiques. Le document pointe également du doigt des détournements de ressources administratives ainsi qu’un manque flagrant de transparence dans la gestion de certains dossiers disciplinaires internes à l’institution judiciaire.
Ce limogeage sans précédent dans l’histoire judiciaire du Ghana a suscité de vives réactions dans le pays. Tandis que certaines organisations de la société civile saluent un “acte courageux pour restaurer l’intégrité de la justice”, d’autres appellent à la prudence, soulignant le risque de politisation croissante du pouvoir judiciaire. Le gouvernement, de son côté, assure que cette décision vise à renforcer l’État de droit et à garantir l’indépendance réelle des institutions.
Par Komi ABLE


