
À 21 ans, Aliou Thiaré quitte déjà la France. Transféré du Havre AC au Dynamo Kiev, le défenseur central sénégalais (1,97 m) s’engage pour quatre saisons avec le club ukrainien, engagé en Ligue Europa Conférence. Un choix qui interroge autant qu’il intrigue, tant pour le joueur que pour son désormais ex-club formateur.
Une trajectoire accélérée
Formé au Diambars FC puis arrivé en France en 2022, Thiaré a franchi un cap lors de son prêt à Nancy, en contribuant activement à la montée du club lorrain en Ligue 2. Puissant dans les duels, dominant dans le jeu aérien, il incarnait au Havre une option crédible derrière Gautier Lloris. Son départ avant même d’avoir foulé une pelouse de Ligue 1 avec le HAC souligne la rapidité avec laquelle sa cote a grimpé.
Kiev, une étape risquée mais formatrice
Le choix du Dynamo Kiev, club historique du football européen, n’est pas anodin. Sportivement, Thiaré rejoint une formation qui lui offrira une exposition internationale et la possibilité de se confronter régulièrement à des adversaires de niveau continental. Mais le contexte ukrainien, marqué par des incertitudes extra-sportives, rend ce transfert audacieux. C’est un pari sur l’avenir, où progression sportive et adaptation à un environnement particulier devront aller de pair.
Le Havre, entre frustration et nécessité
Pour le club normand, ce départ illustre la complexité de son modèle. Fidèle à sa réputation de formateur, le HAC confirme sa capacité à valoriser rapidement des talents. Mais céder Thiaré dès cet été, sans lui avoir donné sa chance en Ligue 1, peut aussi être perçu comme une perte sportive. Difficile toutefois d’ignorer les réalités économiques : la vente d’un jeune joueur encore en phase d’apprentissage assure une rentrée financière stratégique.
Un transfert révélateur
En rejoignant Kiev, Aliou Thiaré choisit un chemin hors des sentiers battus. Là où beaucoup de jeunes talents africains privilégient les grands championnats d’Europe de l’Ouest, lui opte pour un tremplin plus inattendu. Ce choix pourrait se révéler payant s’il parvient à s’imposer dans une équipe ambitieuse mais en reconstruction. Pour le joueur comme pour le HAC, ce transfert illustre parfaitement l’équilibre fragile entre promesse sportive et logique de marché
Par Oumy Thiare


