
Le village de Wourou Thierno, niché dans le département de Bakel à l’extrême est du Sénégal, accueille depuis plusieurs semaines des centaines de réfugiés venus du Mali et du Burkina Faso.
Ces déplacés fuient des violences meurtrières attribuées aux forces armées de leurs pays d’origine et aux milices civiles connues sous le nom de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Selon un reportage diffusé ce lundi par Radio France Internationale (RFI), les témoignages recueillis sur place font état de scènes de massacres et d’exactions.
Oumar Boly, un réfugié burkinabè originaire de la région de l’ouest du pays, affirme avoir perdu six membres de sa famille, dont ses deux parents. « Ils ont été tués par des hommes en tenue militaire. Il s’agit bien des VDP, parce qu’au Burkina, les VDP et les militaires font des patrouilles nuit et jour », a-t-il confié au micro de RFI.
Les réfugiés, qui ont traversé les frontières dans des conditions extrêmement précaires, trouvent aujourd’hui un minimum de réconfort dans la solidarité des habitants de Wourou Thierno. Ces derniers ont improvisé des abris en banco, avec des toits en paille, afin d’offrir un refuge temporaire aux nouveaux arrivants.
Malgré le manque d’infrastructures d’accueil et de ressources humanitaires, les populations locales s’organisent pour fournir de l’eau, un peu de nourriture et un soutien moral à ces familles traumatisées. Plusieurs voix s’élèvent désormais pour demander l’intervention urgente des autorités sénégalaises, des ONG et des agences internationales, afin d’apporter une assistance humanitaire digne de ce nom.
La situation sécuritaire au Sahel, notamment au Mali et au Burkina Faso, continue de se détériorer, marquée par des opérations militaires controversées et des violences ciblant les civils. Face à ce climat de terreur, le Sénégal devient un point de repli pour de nombreuses personnes en quête de sécurité.
Par Komi ABLE


