
Par Oumy Thiare
Sous l’ombre des arbres et sous un soleil de plomb, les visages marqués par l’attente et l’incertitude traduisent la détresse silencieuse des cultivateurs de la base militaire française de Kounoune. Depuis plusieurs années, ces hommes et femmes, regroupés au sein de l’association Baobab, exploitent ces terres dans l’espoir de contribuer à l’autosuffisance alimentaire du pays. Aujourd’hui, ils se retrouvent privés d’accès à leurs champs, malgré le départ officiel des forces françaises.
Depuis l’annonce du retrait des militaires français, l’espoir avait pourtant germé. Les membres de l’association Baobab espéraient enfin retrouver la pleine jouissance de leurs terres, dans le respect de la souveraineté nationale et en phase avec la politique de relance agricole prônée par Son Excellence le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko.
« Nous prenons notre mal en patience, avec confiance en les nouvelles autorités. Mais il est temps que la situation soit clarifiée », confie un membre de l’association, le regard tourné vers les parcelles désormais inaccessibles.
Les cultivateurs de la base de Kounoune saluent l’élan patriotique et la volonté affichée de rupture des nouvelles autorités. Cependant, ils appellent à une prise de position claire concernant leur avenir sur ces terres. L’accès aux champs, pour eux, représente bien plus qu’un simple droit foncier : il est synonyme de subsistance, de dignité, et de contribution à l’intérêt national.
Ils dénoncent par ailleurs une fermeture injustifiée, qui touche des exploitants reconnus et organisés depuis plusieurs années. Une situation d’autant plus difficile à comprendre que les terres concernées sont désormais libres de toute présence étrangère.
En cette période de transition et de redéfinition des priorités nationales, les cultivateurs de Kounoune lancent un appel :
« Nous demandons aux autorités compétentes de se pencher sur notre dossier, et de nous permettre de reprendre nos activités agricoles, en harmonie avec les objectifs de souveraineté alimentaire du pays. »
Alors que les enjeux de sécurité alimentaire et de redistribution équitable des ressources sont au cœur du discours national, la situation de Kounoune pourrait bien devenir un test symbolique de la volonté des nouvelles autorités à soutenir les acteurs de terrain, souvent marginalisés.
Pour les membres de l’association Baobab, l’attente continue mais avec une patience teintée d’urgence.


