
Comme chaque année, la fête des pères passe dans un silence presque gêné. Peu de messages publics, pas d’effusion sur les réseaux sociaux, encore moins de célébrations bruyantes. Ce dimanche, rares sont les femmes qui ont pris le temps d’honorer les papas avec autant d’enthousiasme qu’elles en reçoivent à la fête des mères.
Et pourtant, lorsque vient leur jour, elles attendent, parfois exigent fleurs, cadeaux, messages personnalisés, photos souvenir, brunchs en famille, et déclarations d’amour publiques. Le contraste est saisissant.
Pourquoi les pères devraient-ils toujours se contenter de discrétion, voire d’oubli ? Sont-ils moins essentiels ? Moins affectifs ? Moins méritants ? Non, bien sûr. Mais la société semble avoir relégué la fête des pères à un statut secondaire, presque symbolique, alors qu’elle consacre la fête des mères en véritable institution émotionnelle et commerciale.
Il ne s’agit pas ici d’opposer les sexes, ni de nier l’importance des mères, mais simplement de rappeler que la reconnaissance ne devrait pas être un privilège à sens unique. Beaucoup d’hommes s’impliquent, aiment, protègent, soutiennent, élèvent, souvent dans l’ombre, sans jamais réclamer de médaille. Le moindre des égards, en ce jour, serait de les célébrer avec autant de chaleur et de générosité.
Car les pères aussi aiment entendre “merci”, recevoir un petit mot, un dessin d’enfant, une attention sincère. Ce n’est pas une question de cadeaux coûteux, mais de respect et d’équité dans la reconnaissance.
À quand un vrai “buzz” pour la fête des pères ? Peut-être le jour où chacun comprendra que les rôles familiaux, aujourd’hui plus partagés que jamais, méritent une célébration équitable, sans tambour ni trompette, mais avec le cœur.
Par Komi ABLE


