
L’opposition togolaise traverse une nouvelle zone de turbulences. Lors du congrès de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) tenu le samedi 17 mai, Jean-Pierre Fabre, figure emblématique de l’opposition, a une fois de plus dénoncé les divisions internes qui, selon lui, affaiblissent la lutte contre le régime en place. « Chers camarades, le système RPT/UNIR prospère sur nos querelles », a-t-il lancé devant une salle acquise à sa cause.
Une déclaration forte, mais jugée incomplète par certains acteurs politiques. Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais, estime que cette analyse manque de lucidité. « Le système en place ne prospère pas seulement sur les querelles internes de l’opposition, mais surtout sur le mauvais leadership de cette dernière », a-t-il affirmé, en critique à peine voilée contre Jean-Pierre Fabre lui-même.
Olympio ne mâche pas ses mots : « Jean-Pierre Fabre, qui a longtemps combattu le régime, est devenu un obstacle à la lutte à cause de l’incohérence de ses choix et la poursuite d’intérêts partisans au détriment de l’intérêt général. » Selon lui, la perte de crédibilité de l’opposition est également due à des choix stratégiques erratiques et à l’incapacité à incarner une alternative solide et rassembleuse.
Cette passe d’armes entre deux figures majeures de la contestation relance le débat sur la nécessité d’un renouvellement du leadership dans l’opposition togolaise. De nombreux observateurs et militants appellent désormais à une refondation profonde du combat politique, avec l’émergence de nouvelles figures capables de dépasser les querelles de personnes et de porter un projet national inclusif.
Alors que les échéances politiques futures se dessinent, l’opposition devra répondre à une question essentielle : est-elle encore en mesure de porter l’espoir du changement que réclame une partie de la population togolaise ?
Par Komi ABLE


