
Les services d’immigration ghanéens ont procédé, le 16 mai dernier, à une vaste opération ayant conduit à l’arrestation de plus de 2 000 migrants en situation irrégulière sur le territoire national. Selon les autorités, la majorité des personnes interpellées sont originaires du Burkina Faso, du Togo, du Niger et du Nigeria.
Le ministre de l’Intérieur, Muntaka Mubarak, a justifié cette opération par une montée inquiétante de la mendicité organisée dans les rues d’Accra, la capitale. « Il s’agit d’un problème croissant qui, au-delà de l’aspect social, pose un véritable défi à la sécurité nationale », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Selon lui, ces migrants vivent souvent dans des conditions précaires, sans logement stable ni moyen de subsistance. Il a cependant reconnu la complexité de la situation : « La majeure partie de ces personnes n’ont pas de logement décent au Ghana, elles n’ont pas de moyens de subsistance, elles n’ont pas de système d’assistance. Il faut donc espérer que le gouvernement ghanéen pourra leur fournir l’aide dont elles ont besoin. »
Contrairement aux attentes, le ministre a exprimé des réserves quant à une expulsion immédiate : « Ça n’aurait aucun sens de les renvoyer dans leurs pays d’origine puisque la grande majorité de ces personnes sont en fait des réfugiés. » Cette déclaration laisse entrevoir un possible virage humanitaire dans la gestion de cette crise migratoire.
Les ONG de défense des droits des migrants appellent déjà à la vigilance et à l’assistance pour éviter que cette opération ne se transforme en crise humanitaire.
Par Komi ABLE


