
Une affaire judiciaire de longue haleine prend une tournure surprenante. Postefinances, filiale financière de La Poste, avait obtenu une victoire juridique majeure en mai 2021 devant la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) de l’OHADA, après plus de dix années de procédure.
La juridiction suprême avait condamné Sagef (Société d’aménagement et de gestion d’équipement foncier) et Saar Vie SA (ex-Illico Saa) à verser à Postefinances la somme de 1 396 389 797 francs CFA. La Cour avait également autorisé Postefinances à valider une hypothèque sur 11 immeubles appartenant à Saar Vie.
Cependant, à la surprise générale, les trois parties ont ensuite conclu un protocole d’accord en marge de cette décision. Selon les termes de ce protocole, Saar Vie s’est contentée de verser 450 millions de francs CFA à Postefinances, qui a renoncé au reste de la somme due ainsi qu’à l’hypothèque portant sur les 11 biens immobiliers.
Résultat : une perte sèche de plus de 946 millions de francs CFA pour Postefinances, en plus d’un patrimoine foncier considérable. Ce revirement a d’autant plus choqué que l’accord a été signé sans l’approbation préalable du Conseil d’administration de l’institution.
Cette affaire soulève désormais des interrogations sur la gouvernance et la transparence au sein de la filiale de La Poste, avec des appels à l’ouverture d’une enquête administrative pour déterminer les responsabilités dans cette transaction jugée désavantageuse.
Par Komi ABLE


