
L’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) a réalisé une opération majeure dans la nuit du 13 au 14 juillet à Ouagou Niayes, démantelant un réseau de trafic de cocaïne aux méthodes sophistiquées, semblables à celles des cartels d’Amérique latine. Cette intervention, soutenue par la Brigade d’intervention polyvalente (BIP), a permis l’arrestation de S. O. Diop, alias “Capo Keuz”, et de dix-neuf membres présumés de son gang, dont quatre femmes : N. C. K. Diakhaté, R. Diédhiou, K. Doucouré et M. Faye.
Des Accusations Graves et Variées
Les membres de cette organisation criminelle sont accusés de plusieurs délits : association de malfaiteurs, détention de crack à des fins de trafic, complicité de trafic, usage collectif de crack, facilitation à l’usage de crack, séquestration, détention de munitions sans titre, blanchiment de capitaux et tentative de corruption. Trois autres membres importants du réseau sont toujours recherchés.
Une Forteresse à l’Épreuve des Forces de l’Ordre
Grâce à des renseignements obtenus via leurs antennes discrètes, l’Ocrtis avait déjà le cartel de Ouagou Niayes dans le collimateur. Un témoignage anonyme, provenant d’un individu dont le neveu avait frôlé la mort par overdose dans le quartier général du cartel, a confirmé les soupçons et déclenché l’enquête.
Le chef du réseau, surnommé “Capo Keuz”, avait transformé sa résidence familiale en une véritable forteresse, équipée de barbelés et gardée en permanence par des hommes armés. Les entrées étaient strictement contrôlées, et la maison compartimentée en zones de stockage, fumoir, et dépôt de meubles de luxe provenant du blanchiment d’argent. Une armée de guetteurs postés à des endroits stratégiques du quartier surveillait toute activité suspecte.
Infiltration et Assaut
L’Ocrtis, après avoir infiltré le quartier avec des éclaireurs, a réussi à introduire un agent sous couverture dans la maison. Déguisé en client, ce policier a passé une commande de dix pierres de crack, ce qui lui a permis de photographier les lieux et de noter les noms des collaborateurs les plus proches de “Capo Keuz”.
Le 13 juillet, l’Ocrtis et la BIP ont lancé leur assaut. Malgré une coupure d’électricité orchestrée par les occupants pour ralentir l’opération et des barricades internes qui ont permis aux dealers de détruire une partie des drogues, les forces de l’ordre ont réussi à arrêter “Capo Keuz” et ses complices.
Bilan de l’Opération
Lors de la perquisition, les autorités ont saisi 21 pierres de crack cachées sous des matelas orthopédiques, huit munitions de calibre 22 mm, des rouleaux de papier aluminium, des boîtes de bicarbonate de sodium, des pipes de crack, trois balances électroniques, des briquets, et des cadenas. Des passeports, cartes d’identité, chéquiers et meubles de luxe ont également été confisqués.
L’enquête se poursuit, avec l’espoir de mettre la main sur les derniers membres du réseau et de démanteler complètement cette organisation criminelle.


