
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a publié mardi 9 juillet 2024 les résultats du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5) réalisé en 2023. Ces chiffres dressent un portrait précis de la population active sénégalaise, révélant à la fois des progrès et des défis persistants.
Avec 10.843.467 personnes en âge de travailler, soit 61,3% de la population totale, le Sénégal dispose d’un important potentiel de main-d’œuvre. Cette force de travail est majoritairement féminine (51,2%) et urbaine (58,6%), reflétant les mutations démographiques du pays.
La répartition géographique de cette population active reste inégale. Dakar, la capitale, concentre à elle seule 25,6% des actifs potentiels, suivie par les régions de Thiès (14%) et Diourbel (10,9%). Cette concentration urbaine soulève des questions sur le développement équilibré du territoire.
Le taux d’activité global s’établit à 50%, mais cache de fortes disparités entre hommes (62,4%) et femmes (42,5%). Plus préoccupant encore, le taux d’occupation n’atteint que 33,7%, avec un écart considérable entre les sexes : 48,2% pour les hommes contre seulement 19,8% pour les femmes.
Le recensement met également en lumière la situation alarmante des jeunes. Près de la moitié (46,8%) des 15-24 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). Ce phénomène touche particulièrement les femmes (55,2%) et les zones rurales (54,9%).
Le travail des enfants reste une réalité préoccupante, avec 8,7% des 6-14 ans impliqués dans des activités économiques. Ce fléau est plus marqué chez les garçons (10,4%) et dans certaines régions comme Kaffrine (18,9%) et Tambacounda (16%).
L’économie sénégalaise est dominée par le secteur tertiaire, qui emploie 50% des actifs, suivi du primaire (33,8%) et du secondaire (16,2%). Le travail indépendant prédomine, concernant 64% des actifs, tandis que les salariés ne représentent que 16,1% de la population active.
Enfin, l’importance du secteur informel est soulignée, avec 49,6% des actifs y travaillant, contre 33% dans le public et seulement 17,1% dans le formel.


