
Depuis des décennies, parvenir à l’autosuffisance alimentaire représente un enjeu majeur auquel le Sénégal est confronté. 1700 milliards sont affectés chaque année à l’importation de produits alimentaires, une lourde charge pour une économie qui aspire à l’émergence et dont le budget annuel tourne autour de 7042 milliards en moyenne. A dire vrai, l’atteinte de la souveraineté alimentaire a toujours été un grand défi que le Sénégal peine encore à satisfaire. De Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, diverses stratégies ont été définies et appliquées pour des résultats bien en deçà de toute qualification de sécurité alimentaire.
Conséquence : l’agriculture, la pêche comme l’élevage, malgré les centaines de milliards investis, ne répondent pas encore efficacement à la demande nationale en produits agricoles, halieutiques et sylvo-pastoraux. Toute chose qui confine du coup le citoyen sénégalais dans une inflation du marché qui ruine sa bourse et perturbe son ménage.
Face à ce constat, le nouveau régime qui a pris la relève, a annoncé des mesures ambitieuses visant à redresser la situation. L’objectif est de permettre à terme aux Sénégalais de se nourrir grâce à une production locale suffisante. Cela impliquera une revue en profondeur des politiques agricoles, un soutien aux exploitations locales et une réduction des importations au profit des produits du terroir.
Zoom sur les mesures “dynamiques” annoncées par le nouveau régime. Des mesures censées redresser la barre et inscrire, à plus ou moins long terme, l’atteinte de la souveraineté alimentaire dans le quotidien des “gorgorlu”.
Cependant, relever ce défi sera ardu. Il faudra s’attaquer aux maux structurels gangrenant les filières agricoles, comme le manque d’infrastructures, la difficulté d’accès aux terres arables et aux entrants, ou encore le retard en matière de mécanisation. Sans compter les aléas climatiques récurrents.
Pour y parvenir, une synergie de tous les acteurs sera indispensable : pouvoirs publics, paysans, pêcheurs, éleveurs, chercheurs, entreprises privées et société civile devront unir leurs efforts. Seule une approche holistique permettra au Sénégal de briser le cycle de la dépendance alimentaire et d’assurer à chacun une alimentation locale, saine et abordable.


