
Le film “Camp de Thiaroye” d’Ousmane Sembène, réalisé en 1988, a longtemps été occulté en France comme en Afrique. Pourtant, c’est le plus grand monument jamais érigé à la mémoire des tirailleurs sénégalais massacrés à Thiaroye en 1944.
Ironie de l’histoire, la récente projection en version restaurée de ce film lors du 77e Festival de Cannes met en lumière la faible présence du cinéma africain dans les différentes sélections. Trente-six ans après sa sortie et son Prix spécial à la Mostra de Venise 1988, cette œuvre désormais numérisée en 4K a enfin été projetée dans la sélection Cannes Classics.
Grâce au soutien de fondations américaines et de géants du cinéma comme Martin Scorsese et George Lucas, cette projection vaut un hommage universel à Ousmane Sembène, figure majeure de l’Afrique contemporaine. Militant de la décolonisation et pionnier des lettres et du cinéma africain, il fut le premier juré noir africain du Festival de Cannes en 1967.
Le film “Camp de Thiaroye” relate le massacre perpétré le 1er décembre 1944 par l’armée coloniale française contre des centaines d’anciens prisonniers de guerre africains désarmés. Ayant servi dans les tirailleurs sénégalais en 1944, Sembène apporte un témoignage précieux sur cet épisode tragique longtemps occulté.
Si cette projection cannoise semble tardive, elle n’en reste pas moins essentielle pour révéler les vérités historiques et rendre hommage à un cinéaste majeur qui a donné une voix au continent africain à travers le 7e art.


