
Au Sénégal, l’arrestation de douze hommes pour des faits liés à leur orientation sexuelle suscite l’inquiétude des organisations de défense des droits humains. L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités à les libérer sans délai et à revoir les lois pénalisant les relations entre personnes de même sexe.
Selon la gendarmerie de Dakar, ces douze hommes ont été interpellés le 9 février pour divers chefs d’accusation, notamment « actes contre nature » et « transmission volontaire » du VIH. En vertu de l’article 319 du Code pénal sénégalais, les relations consensuelles entre personnes de même sexe sont passibles de peines allant jusqu’à cinq ans de prison et d’amendes comprises entre 100 000 et 1 500 000 francs CFA (environ 180 à 2 700 dollars). L’accusation de transmission intentionnelle du VIH pourrait, quant à elle, entraîner jusqu’à dix ans d’emprisonnement.
Dans un communiqué, Human Rights Watch estime que ces arrestations s’inscrivent dans un climat de stigmatisation croissante à l’encontre des personnes LGBT et des personnes vivant avec le VIH. L’organisation souligne que la médiatisation de l’affaire pourrait accentuer les risques de violences et de discriminations au sein de la société sénégalaise.
Des acteurs communautaires ont également fait part de leurs préoccupations quant aux répercussions possibles de cette affaire. Certains travailleurs de santé redoutent que leurs coordonnées, si elles figurent dans les téléphones des personnes arrêtées, puissent être utilisées dans le cadre d’enquêtes, compromettant ainsi leurs activités de prévention et d’accompagnement.
Le Sénégal criminalise les relations entre personnes de même sexe à travers une disposition du Code pénal interdisant les « actes contre nature ». Ces dernières années, plusieurs initiatives parlementaires ont tenté de renforcer les sanctions prévues par la loi, notamment en 2022 et en 2024, sans succès.
HRW rappelle que la pénalisation des relations homosexuelles entre adultes consentants contrevient à plusieurs engagements internationaux ratifiés par le Sénégal, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. L’organisation appelle les autorités à garantir le respect des droits fondamentaux, notamment le droit à la vie privée et à la non-discrimination, en libérant les personnes détenues et en abrogeant les dispositions jugées discriminatoires.
Par Aminata Diatta


