
À quelques jours de la proclamation officielle des résultats de la présidentielle, un parfum d’arrangement flotte sur la scène politique camerounaise. Alors que la tension reste vive entre les camps Biya et Tchiroma, des sources proches du pouvoir confient que le président sortant aurait discrètement proposé à son adversaire la primature, assortie de quelques portefeuilles stratégiques. Une manœuvre qui, si elle se confirme, traduirait la volonté du chef de l’État de désamorcer la crise tout en consolidant son pouvoir.
Cette offre, transmise par le gouverneur du Nord, Jean Abaté Edi’i, révèle la finesse politique d’un Paul Biya qui, malgré ses 91 ans, demeure un tacticien aguerri. En cherchant à coopter Tchiroma Bakary, il tente de recomposer un équilibre fragile, tout en marginalisant les autres figures de l’opposition. Mais le pari reste risqué : l’opposant, fort de ses 35 % de voix, pourrait refuser de jouer les seconds rôles.
Derrière ces tractations se dessine un enjeu plus large : la succession du “Sphinx d’Etoudi”. Biya, conscient de l’usure du pouvoir, semble vouloir ménager une transition maîtrisée, peut-être même ouvrir la voie à une réconciliation nationale. Reste à savoir si Tchiroma cédera à la tentation de la primature, ou s’il préférera incarner jusqu’au bout la figure du contre-pouvoir dans un Cameroun en quête de renouveau.
Par Komi ABLE


