
La sortie de Moustapha Guèye relance un débat de fond sur l’avenir de la lutte sénégalaise. L’ancien champion, figure respectée de l’arène, estime que la discipline s’éloigne progressivement de ses valeurs fondatrices. Selon lui, l’argent occupe désormais une place trop importante, au détriment de l’aspect culturel, éducatif et sportif qui a longtemps fait la richesse de la lutte.
Au cœur de ses préoccupations figure la disparition progressive de la lutte simple. Considérée comme l’école de formation des grands champions, cette pratique permettait aux jeunes lutteurs d’acquérir les bases techniques indispensables avant d’accéder à la lutte avec frappe. Pour Moustapha Guèye, l’abandon de cette étape explique en partie la baisse du niveau technique observée aujourd’hui.
L’ancien pensionnaire de l’écurie Fass regrette également la raréfaction des « mbapatt », ces rendez-vous traditionnels où les talents se révélaient et se perfectionnaient. Il estime que les jeunes privilégient désormais la puissance physique au détriment de la maîtrise technique.
Face à cette évolution, Moustapha Guèye appelle à une réflexion collective. Entre tradition et modernité, la lutte sénégalaise doit-elle repenser son modèle pour préserver son identité tout en s’adaptant aux nouvelles réalités économiques ? Le débat est désormais lancé.
Par Komi ABLE


