
Depuis les affrontements entre forces de l’ordre et étudiants à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Bâ, les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées au campus social. Désormais, filtrage strict à l’entrée, patrouilles régulières et nouvelles restrictions encadrent le quotidien des résidents.
À l’approche de la rupture du jeûne durant le mois de Ramadan, les allées reliant le campus pédagogique au campus social s’animent comme à l’accoutumée. Mais l’atmosphère reste marquée par la vigilance. Les agents de sécurité exigent systématiquement la présentation de la carte d’étudiant et de celle du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) avant d’autoriser l’accès au campus.
Si ce contrôle accru est globalement accepté par une partie des étudiants, une autre mesure suscite davantage de mécontentement : l’interdiction de cuisiner dans les chambres. En cette période de Ramadan, où la préparation du « ndogou » constitue un moment important de partage, cette décision bouleverse les habitudes.
Résidente du campus, Rokhaya Diallo ne cache pas son irritation. Elle explique que les étudiantes de sa chambre avaient instauré un système de rotation pour préparer le repas de rupture du jeûne. « Avec cette interdiction, toute notre organisation est tombée à l’eau », déplore-t-elle.
Par Komi ABLE


