
L’ancien président sénégalais Macky Sall vise désormais la scène diplomatique mondiale. Selon plusieurs sources diplomatiques, il est candidat au poste de Secrétaire général des Nations Unies, une candidature portée par le Burundi. Une initiative qui, sur le plan symbolique, pourrait marquer une nouvelle tentative de l’Afrique francophone de briguer la plus haute fonction administrative de l’Organisation des Nations Unies.
Mais cette ambition internationale ne fait pas l’unanimité au Sénégal. Alors que la campagne diplomatique se met progressivement en place, une pétition citoyenne circule en ligne pour contester cette candidature. Elle met en lumière les critiques d’une partie de la société civile à l’égard du bilan de l’ancien chef de l’État.
Une fonction au poids symbolique
Le poste de Secrétaire général de l’ONU dépasse largement le rôle administratif. Il incarne une autorité morale et diplomatique chargée de promouvoir la paix, de faciliter les médiations internationales et de défendre les principes de la Charte des Nations Unies.
Dans ce contexte, le parcours politique et la réputation des candidats sont examinés avec attention par les États membres, notamment par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité dont l’aval est déterminant dans le processus de sélection.
Des critiques liées au bilan politique
Au Sénégal, certains opposants et acteurs de la société civile rappellent les tensions politiques qui ont marqué les dernières années du mandat de Macky Sall.
Les événements de mars 2021, qui avaient entraîné des manifestations et plusieurs morts, restent un épisode particulièrement sensible dans la mémoire collective. Pour les détracteurs de l’ancien président, ces événements constituent un élément central du débat autour de sa légitimité à occuper une fonction internationale axée sur la prévention des conflits et la promotion des droits humains.
Le débat autour de l’héritage économique
La gestion économique du pays durant les années de présidence de Macky Sall alimente également les discussions.
Certaines critiques estiment que la dette publique du Sénégal a fortement augmenté pendant cette période et soulignent les difficultés persistantes en matière d’emploi, notamment chez les jeunes. D’autres, en revanche, mettent en avant les investissements dans les infrastructures et les projets de modernisation du pays réalisés durant ses mandats.
Une bataille diplomatique incertaine
La désignation du Secrétaire général de l’ONU repose sur un processus complexe mêlant équilibres géopolitiques et négociations diplomatiques. Le soutien d’un État membre constitue une première étape, mais le choix final dépendra du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.
Dans ce contexte, l’image internationale du candidat, la stabilité politique de son pays d’origine et les rapports de force entre grandes puissances joueront un rôle déterminant.
Pour Macky Sall, la route vers le siège de New York s’annonce donc incertaine. Entre soutien diplomatique et contestation nationale, sa candidature illustre les tensions qui peuvent accompagner l’ambition d’un ancien dirigeant à accéder à une fonction mondiale.


