
À Tambacounda, la danse du Moribayassa reste un ancien rituel chargé de mystère et de spiritualité. Autrefois pratiquée pour conjurer le mal ou remercier le destin après l’exaucement d’un vœu, cette tradition aujourd’hui presque disparue continue de nourrir l’imaginaire collectif dans la région.
Au quartier Abattoir, un vendredi à l’heure de la prière, les fidèles convergent vers les mosquées sous un soleil ardent. Les commerces ferment, tandis que tapis de prière et chapelets à la main, hommes et femmes se dirigent vers les lieux de culte. Cette ferveur religieuse témoigne d’une ville profondément marquée par l’islam.
Mais selon les anciens, il fut un temps où les prières ne suffisaient pas à exprimer les espoirs et les promesses. « La danse du Moribayassa était très répandue autrefois », se souvient Sokhna Cissé, dépositaire de traditions orales.
Pratiquée surtout par des femmes confrontées à des épreuves comme la stérilité ou la maladie, cette danse était un engagement public envers le destin. Une fois le vœu exaucé, la promesse devait être honorée, sous peine, disait-on, d’attirer le mauvais sort.
Par Komi ABLE


