
Au Sénégal, l’avancée de la mer bouleverse la vie de milliers de familles vivant de la pêche artisanale. Maisons détruites, quais effacés, sites de transformation déplacés… le littoral se transforme en zone de crise économique et sociale. Le président Bassirou Diomaye Faye a demandé, le 11 février, une évaluation précise de l’impact du phénomène sur les plans économique, environnemental et social.
À Bargny, dans le département de Rufisque, les vagues ont remplacé l’animation des quais. Mareyeurs, femmes transformatrices et charretiers voient leurs activités menacées, tandis que des familles entières ont dû abandonner leurs biens et se reloger à l’urgence. « Beaucoup se retrouvent aujourd’hui en location avec des charges lourdes à supporter », souligne Cheikh Fadel Wade, directeur exécutif de l’ONG Solidarité ci Sutura.
Le relogement entraîne des frais supplémentaires et une rupture avec les activités traditionnelles : pêche, mareyage, transformation du poisson et petit commerce se sont considérablement affaiblis. « Toute l’économie locale s’est contractée », ajoute Fadel Wade.
À Saint-Louis, sur la Langue de Barbarie, la situation est similaire. Les familles déplacées vers Gandon doivent parcourir de longues distances pour rejoindre l’océan, payer des transports supplémentaires et perdre du temps, accentuant la précarité et l’inquiétude des communautés côtières.
Par Komi ABLE


