
Le Cameroun est secoué par une crise politico-institutionnelle inédite, née d’un différend autour du contrat de scanning des conteneurs au Port autonome de Douala-Bonabéri. En cause, l’accord liant l’État camerounais à la société suisse SGS, spécialisée dans l’inspection des marchandises.
Le 29 janvier dernier, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a décidé de maintenir le contrat de SGS, une annonce tombée en début de soirée et qui a surpris l’opinion publique. Cette décision contredit pourtant celle prise une semaine plus tôt, le 22 janvier, lors d’une réunion à la Présidence de la République. À l’issue de cette rencontre présidée par le secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, il avait été acté que le contrat de SGS devait prendre fin au profit de l’entreprise camerounaise TransAtlantic D. SA.
Ce revirement met en lumière des divergences profondes au sommet de l’État, alors que Paul Biya est au pouvoir depuis 1982. Le contrat initial, signé en 2015 entre l’État camerounais — représenté par le ministre des Finances d’alors, Alamine Ousmane Mey — et SGS SA, prévoyait l’installation de quatre scanners à rayons X au port de Douala.
L’accord stipulait une durée de dix ans à compter de la mise en service effective du dernier scanner, sous réserve que les espaces nécessaires soient mis à disposition avant le 30 juin 2015. Ces clauses contractuelles sont aujourd’hui au cœur du bras de fer qui expose une crise de gouvernance au plus haut niveau de l’État camerounais.
Par Komi ABLE


