
L’Alliance des États du Sahel (AES) amorce un tournant symbolique et stratégique en réhabilitant les rites et rituels traditionnels africains dans sa quête de souveraineté. Au sommet de cette confédération réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le recours aux pratiques ancestrales est désormais assumé comme un moyen de protection spirituelle et de résistance face aux multiples menaces qui pèsent sur l’espace sahélien.
C’est dans ce contexte que s’est tenue à Bamako, du 25 au 27 janvier derniers, la troisième rencontre solennelle des cultes mystiques endogènes. Organisée par l’Association Faso Kanu Blonba (AFKB), cette rencontre a rassemblé des praticiens venus des trois pays membres de l’AES, après deux éditions précédentes à Ouagadougou et à Niamey.
Plus qu’un simple rassemblement spirituel, cette troisième rencontre marque une étape décisive : la réappropriation d’un patrimoine immatériel africain longtemps marginalisé. Elle traduit une volonté affirmée de puiser dans les traditions ancestrales pour renforcer l’identité, la cohésion sociale et l’affirmation souveraine des peuples du Sahel.
Par Komi ABLE


