
La polygamie, souvent perçue aujourd’hui comme une pratique dominée par les hommes, trouve pourtant, selon Ngo Djeng Put, écrivaine camerounaise et traditionnaliste bassa, une origine féminine. Invitée sur Kemet TV, elle affirme que, dans les sociétés africaines ancestrales, cette institution a été créée et encadrée par les femmes pour leur permettre de remplir pleinement leur rôle dans l’ordre naturel, bien avant les contacts avec d’autres civilisations.
Selon elle, la polygamie ancestrale répondait à des contraintes biologiques et spirituelles propres aux femmes, notamment les périodes de menstruation, de maternité et d’abstinence rituelle. Ces moments exigeaient une organisation collective afin d’assurer la continuité de la vie familiale, sans jalousie ni recherche de plaisir, mais dans une logique de création et de préservation de la vie.
Ngo Djeng Put explique également que les femmes prenaient en compte les cycles lunaires et la préparation du corps pour la conception, tout en respectant certaines interdictions sexuelles liées aux activités traditionnelles, agricoles ou sociales. Une conception de la polygamie qu’elle distingue nettement des pratiques actuelles.
Par Komi ABLE


