
Les déclarations récentes du Secrétaire général intérimaire de PASTEF, l’honorable député Ayib Salim Daffé, présentant le département de Fatick comme un modèle de responsabilité politique fondé sur des consensus récurrents lors des investitures, suscitent une vive contestation au sein des militants locaux.
Selon plusieurs acteurs du processus électoral interne, cette lecture des faits ne reflète pas la réalité observée lors des dernières élections législatives.
Un consensus remis en cause
L’évocation d’un consensus à Fatick suppose que les différentes candidatures aient fait l’objet d’un accord général au niveau départemental, expliquant ainsi la transmission de seulement deux dossiers à la Commission nationale des investitures. Or, cette version est formellement démentie par des responsables et candidats impliqués dans le processus.
« Il n’y a jamais eu de consensus au niveau du département de Fatick », affirme Coumba Ndoffene Diouf, coordonnateur de la Jeunesse patriotique sénégalaise (JPS) de Fatick et vice-coordonnateur de PASTEF à Ngayokhème. Candidat déclaré lors des législatives, il indique que plus de six autres camarades avaient également déposé leur candidature.
Une décision départementale ignorée
D’après les témoignages recueillis, la réunion départementale consacrée aux investitures avait conclu à l’absence de consensus. Face à cette situation, une décision collective avait été prise : transmettre l’ensemble des dossiers de candidature au niveau national, afin que les instances compétentes du parti procèdent à l’arbitrage, conformément aux règles internes.
Toutefois, seuls deux dossiers auraient finalement été transmis, présentés comme issus d’un consensus, une démarche jugée « contraire à la décision départementale » par plusieurs militants.
Des candidatures bloquées sans explication
Selon Coumba Ndoffene Diouf, au moins six candidatures auraient été écartées sans justification officielle ni communication transparente. Une situation qu’il qualifie de « grave entorse à la démocratie interne » du parti.
Appel à une enquête interne
« Si le Bureau politique national affirme aujourd’hui qu’il y a eu consensus à Fatick, c’est soit qu’il n’a pas été correctement informé, soit qu’il a été induit en erreur », soutient-il.
Face à ces accusations, l’auteur de la contestation appelle à l’ouverture d’une enquête interne afin d’établir les responsabilités. Il plaide pour l’audition des responsables départementaux et communaux, ainsi que de toutes les parties prenantes du processus d’investiture.
L’objectif, selon lui, est d’éviter la reproduction de telles pratiques à l’avenir, notamment en perspective des échéances électorales de 2027, et de préserver l’unité et la crédibilité de PASTEF dans le département.
Un enjeu stratégique pour 2027
Cette controverse intervient dans un contexte où la question de la transparence des investitures reste un enjeu majeur pour les formations politiques sénégalaises. À Fatick, plusieurs militants estiment que l’absence de clarification pourrait engendrer frustrations, divisions internes et affaiblissement électoral.
Pour ses détracteurs comme pour ses défenseurs, PASTEF est aujourd’hui interpellé sur sa capacité à garantir des procédures internes équitables, condition essentielle pour maintenir la confiance de sa base militante.
Par Aminata Diatta



1 Commentaire
Merci pour les éclaircissements NDOFF
Si on parvient a gagner le département lors des élections législatives c’est grâce a la JPS qui a donner corp et âme avec sacrifice et patriotisme .