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Ziguinchor, prémices d’un nouveau pacte territorial ?

Chronique de l’inspecteur Ibrahima Ndiaye


On l’a souvent dit : le Sénégal avance à deux vitesses. D’un côté, un pôle central rutilant, concentré sur l’axe Dakar–Thiès ; de l’autre, des régions périphériques longtemps reléguées, peinant à suivre le rythme du développement national.


La récente tournée du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance naturelle dépasse largement le cadre d’un déplacement protocolaire. Pour nombre d’observateurs, elle constitue un acte politique fort, susceptible de marquer l’amorce d’un nouveau paradigme territorial.


Une tournée politique aux multiples lectures


Cette visite présidentielle intervient dans un contexte politique singulier. Certains y voient l’expression d’une trajectoire personnelle en construction, illustrée par l’émergence d’un nouvel appareil politique, la coalition Diomaye Président, dotée de son propre siège sur la VDN. Une dynamique qui, au sein même de sa famille politique – le Pastef-Les Patriotes – peut susciter interrogations ou réserves.


Pourtant, un rappel s’impose avec force : le mandat du président Bassirou Diomaye Faye tire sa légitimité originelle du Pastef. C’est ce parti qui l’a investi et porté au pouvoir à la faveur d’une vague électorale historique, afin de mettre en œuvre le projet patriotique pour un Sénégal souverain, juste et prospère. À ce titre, chaque action en faveur de la relance économique et de l’équité territoriale s’inscrit pleinement dans le cadre de ce mandat collectif.


La Casamance comme démonstration concrète


Les faits parlent d’eux-mêmes. En Casamance, l’État ne se contente plus de rafistolages symboliques : il engage des investissements structurants.


À Oussouye, près de 5 milliards de FCFA sont injectés dans le cadre du Programme de modernisation des villes (PROMOVILLES), pour une modernisation urbaine intégrée : voiries, éclairage solaire, assainissement et infrastructures sportives.
À Sindone, la pose de la première pierre d’un lycée d’excellence sur une superficie de 10 hectares marque un pari clair sur le capital humain.
Enfin, l’annonce de 10 milliards de FCFA pour l’entretien de l’axe Ziguinchor–Diembéring, artère vitale pour le désenclavement, constitue un geste stratégique majeur.


Ici, l’État consolide l’épine dorsale du développement territorial plutôt que de colmater les brèches.


L’équité territoriale comme boussole


Ces réalisations ne sont ni anecdotiques ni isolées. Elles traduisent une volonté assumée de rééquilibrage territorial, cœur du projet patriotique porté par le Pastef.
Une route rénovée facilite l’accès aux marchés pour les producteurs locaux, réduit le coût de la vie et stimule le tourisme. Un lampadaire solaire renforce la sécurité et prolonge l’activité économique nocturne. Autant d’investissements ciblés, mesurables et transparents, alignés sur l’exigence d’un développement souverain et équilibré.


Le retour possible des “grappes de convergence”


Cette dynamique ravive une ambition ancienne : celle des grappes de convergence, un concept prometteur mais avorté sous le régime de Me Abdoulaye Wade, étouffé par la priorité accordée aux grands chantiers centralisés, notamment à Thiès. Ces choix avaient d’ailleurs conduit à de lourds déboires judiciaires pour le Premier ministre de l’époque, Idrissa Seck.


Aujourd’hui, le contexte a profondément changé. L’expérience de Ziguinchor démontre qu’une politique de pôles territoriaux peut réussir, à condition qu’elle repose sur l’intégrité, la transparence et la reddition des comptes, en parfaite cohérence avec l’éthique du « Jub, Jubal, Jubbanti ».


La diaspora, pilier silencieux de la souveraineté financière


Malgré un environnement économique contraint, l’État commence à tenir ses engagements. Cette nouvelle donne est rendue possible par une révolution silencieuse : l’apport massif de la diaspora sénégalaise.


Avec des transferts estimés à 3,69 milliards de dollars en 2024 et le succès retentissant du Diaspora Bond, la diaspora s’impose désormais comme le premier bailleur patriotique du pays. Orienter cette épargne de confiance vers des infrastructures structurantes, telles que la RN6, permet de boucler un cercle vertueux associant souveraineté financière et développement local. Un contre-modèle assumé face aux opacités du passé.


Ziguinchor, prototype d’un Sénégal polycentrique


La tournée présidentielle en Casamance n’est donc pas un simple signal politique. Elle constitue la preuve tangible que le projet du Pastef est en marche.
Quelle que soit l’architecture politique qui se dessine autour de la personne du président, les actes posés restent conformes au mandat confié par le peuple sénégalais. Chaque route inaugurée, chaque établissement scolaire lancé s’inscrit dans la continuité de cette vision collective et mérite d’être salué sans réserve.


L’enjeu, désormais, est clair : Ziguinchor aujourd’hui, Kolda, Tambacounda ou Matam demain. Il ne s’agit plus d’ériger un phare unique, mais d’allumer une constellation de pôles territoriaux forts, portée par l’alliance d’un État intègre et d’une épargne patriotique mobilisée.


Conclusion : une promesse à tenir


À l’orée de cette nouvelle phase, l’espoir renaît à travers des réalisations concrètes. Le vœu formulé est simple mais exigeant : que cette dynamique se poursuive, au bénéfice de tous les Sénégalais, dans la fidélité à l’esprit qui a porté le changement.


Car la suite s’écrit maintenant. Et chaque acte conforme au projet patriotique constitue, au-delà des clivages, une victoire partagée.

3 Commentaires

  • Mame Couna Diaw

    Analyse très pertinente. C’est vraiment une tournée économique. Pas de folklore ni de gaspillage de fonds. Bravo 👏

  • Lamine Faye

    Chapeau inspecteur. Un texte de haute facture vraiment

    • Ibrahima Ndiaye

      Merci pour le retour🙏

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