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Ziguinchor ne fait plus rêver : l’échec criant d’une gestion à revoir, une commune qui s’enfonce faute d’ambition

Ziguinchor ne fait plus rêver

Ville carrefour, capitale naturelle de la Casamance et symbole d’un équilibre longtemps fragile entre modernité et tradition, Ziguinchor semble aujourd’hui à bout de souffle. Là où l’on vantait autrefois une cité dynamique, verdoyante et culturellement vibrante, s’impose désormais une réalité bien plus terne : celle d’une commune en panne d’ambition, minée par une gestion jugée inadaptée et déconnectée des attentes de sa population.

La culture, autrefois fierté locale, désormais reléguée au second plan

Pendant des années, Ziguinchor attirait artistes, touristes et curieux grâce à des festivals de renom. Aujourd’hui, ces rendez-vous sont devenus rares, presque inexistants.
Les acteurs culturels interrogés pointent un manque de soutien institutionnel, l’absence de structures et une programmation quasi inexistante. « On ne nous écoute plus, on ne nous accompagne plus », confient certains, regrettant une ville où la créativité avait pourtant trouvé un ancrage naturel.

Dans les rues, le contraste est frappant : pas d’expositions, peu de scènes ouvertes, une Maison de la Culture sous-exploitée… Pour beaucoup, Ziguinchor a perdu son âme culturelle.

Des espaces verts… introuvables

Dans une région pourtant réputée pour sa végétation luxuriante, Ziguinchor ne possède aucun espace vert aménagé digne d’une grande commune.
Promenades, parcs publics, aires de détente : ces équipements, devenus standard dans les capitales régionales du pays, manquent cruellement ici. Résultat : une ville minée par la chaleur, sans respiration urbaine, sans lieux de convivialité pour les familles ou la jeunesse.

Urbanistes et architectes s’accordent : ce vide reflète un déficit de vision en matière d’urbanisation. « Il n’existe aucun plan d’aménagement sérieux. On agit au cas par cas, sans stratégie globale », regrette un spécialiste local.

Tourisme : un secteur en survie

La Casamance reste l’une des destinations les plus prisées du Sénégal. Pourtant, Ziguinchor peine à jouer son rôle de locomotive touristique.
Les hôtels tournent au ralenti, les guides touristiques s’impatientent, les restaurateurs s’interrogent sur leur avenir. Beaucoup parlent d’un secteur « abandonné », dépourvu de politiques publiques cohérentes.

Malgré un fleuve majestueux, une gastronomie reconnue, une population chaleureuse et un patrimoine unique, aucune stratégie de valorisation durable n’a véritablement émergé. Les infrastructures vieillissent, les initiatives privées s’essoufflent et la ville se contente de survivre, loin de l’effervescence qu’on lui associait jadis.

Une gestion locale sous le feu des critiques

Pour nombre d’observateurs, le problème est clair : un manque d’ambition politique et d’anticipation.
Les projets structurants se font attendre, les priorités semblent mal définies, les investissements tardent à se matérialiser. La gouvernance locale, souvent pointée du doigt, peine à convaincre qu’un changement de cap est en cours.

Les habitants, eux, oscillent entre résignation et colère. « On aime cette ville, mais elle stagne. On avance à reculons », glisse un commerçant du centre-ville.

Quel avenir pour Ziguinchor ?

Le constat est sévère, mais partagé : Ziguinchor ne fait plus rêver. Pourtant, elle n’a rien perdu de ses atouts. Ce qui lui manque, c’est une direction claire, une vision long terme et une volonté politique capable d’impulser une réelle transformation.

Développer la culture, réinventer l’espace urbain, soutenir les acteurs du tourisme, renforcer les partenariats publics-privés… Les pistes existent. Encore faut-il qu’elles soient portées par une stratégie solide, ambitieuse et inclusive.

Car au-delà des critiques, une certitude demeure : Ziguinchor peut renaître. À condition que sa gestion se réinvente, et que la commune retrouve enfin son souffle, sa fierté et sa place dans le paysage national.

Par Amina Diatta

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