
Par Omar Batama Diatta, Professeur d’Éducation Physique et Sportive
Le 20 novembre 2025, le Sénégal a perdu une légende, un fils digne et fier d’Oussouye et de la Casamance, Maître Ankiling DIABONE. Multiple Champion d’Afrique, médaillé d’or aux Jeux Africains, son palmarès rayonnant n’est pas le fruit du hasard, mais l’incarnation d’un patriotisme sans faille et d’un esprit du gagnant qui a hissé le drapeau national sur les plus hautes marches du continent.
🦁 Un Esprit du Gagnant Inégalable : Le Palmarès Inégalé
Ankiling DIABONE n’était pas seulement un judoka, il était un conquérant, ceinture noire 6e Dan International. Il est, à ce jour, le Judoka le plus titré de Toute l’Afrique.
Domination Africaine et Mondiale :
- 6 fois titré Champion d’Afrique (dont 4 fois en -86kg : 1982, 1983, 1986, 1987).
- Médaillé d’Or aux Jeux Africains de 1987 à Nairobi.
- Capitaine de l’équipe Nationale de judo du Sénégal.
- Participation aux Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et de Séoul en 1988.
- Participation aux Championnats du Monde de Judo en 1981 (Hollande) et 1987 (RFA).
- Participation à la Coupe du monde de judo à Vienne (Autriche) en tant que sélection de l’Équipe Africaine.
Hégémonie Nationale :
- 9 fois Champion du Sénégal en Individuel Sénior.
- Champion du Sénégal par équipe et par catégories de poids.
- Vainqueur du Tournoi des quatre meilleurs Judokas.
- Vainqueur du Tournoi Olympique de Dakar.
- Décoré Meilleur Judoka de l’année sportive 1979.
Son leadership dépassait les tatamis. Il a mené son équipe à la victoire, notamment en étant Champion d’Afrique par équipes en 1983. Après sa retraite sportive, son patriotisme l’a naturellement conduit à devenir Entraîneur national et Conseiller sportif, transmettant cet esprit de victoire aux nouvelles générations après avoir été diplômé de l’INSEP de Paris. Il a tout donné, de sa sueur sur le tapis à son savoir en tant que formateur.
💔 L’Indignation : Quand la Nation Oublie son Héros
Maître Diabone a été fait Chevalier de l’Ordre national du mérite en 1992, une reconnaissance symbolique de son service. Mais le vrai test de la reconnaissance d’une nation se déroule souvent au moment de l’ultime hommage.
Et là, l’amertume est profonde.
Cet homme, désigné Meilleur Judoka du Cinquantenaire et Judoka le plus Titré de Toute l’Afrique, qui a risqué son corps et consacré sa vie à l’honneur de son pays, a quitté ce monde dans une indifférence étatique révoltante.
Où étaient les autorités ? Où étaient les officiels censés honorer la mémoire de celui qui a fait résonner l’hymne national six fois en Afrique et représenté le Sénégal à deux Olympiades ?
L’absence des hautes autorités à ses obsèques à Oussouye n’est pas qu’un manque de protocole, c’est un manque de respect criant envers un héros national. C’est un signal désastreux envoyé à tous les jeunes athlètes qui s’entraînent aujourd’hui avec la même passion et le même patriotisme : une fois les projecteurs éteints, le sacrifice est vite oublié.
Le Sénégal se doit de rendre aux héros de la nation l’honneur qu’ils méritent. Ankiling DIABONE est parti, mais son héritage de courage, de leadership et de loyauté doit forcer l’État à une introspection profonde. À Oussouye, en Casamance, comme dans tout le Sénégal, nous exigeons que la mémoire de ce géant soit honorée à la hauteur de son immense contribution.
Adieu Maître. Vous resterez notre éternel champion.



1 Commentaire
Casamance à perdu un très chaire Paix à son âme