
L’arrestation de Sanna Manjang, ancien membre des redoutés « Junglers » du régime de Yahya Jammeh, marque une étape majeure dans la coopération judiciaire entre le Sénégal et la Gambie. Interpellé samedi en Casamance lors d’une opération conjointe, l’homme était recherché depuis 2017 pour son implication présumée dans plusieurs crimes, dont l’assassinat du journaliste Deyda Hydara en 2004. L’annonce a été confirmée par le gouvernement gambien, qui considère cette capture comme une avancée significative.
Considéré comme l’un des agents clandestins les plus violents de l’ère Jammeh, Manjang avait été nommément cité devant la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC). Disparitions forcées, exécutions politiques, campagnes de terreur : son nom revient dans plusieurs témoignages accablants, faisant de lui une figure centrale du système répressif.
Son arrestation intervient quelques mois après la condamnation en Allemagne de Bai Lowe, autre ex-Jungler. Pour Banjul, ce développement renforce l’espoir de voir aboutir les procédures visant à rapatrier et juger les responsables des crimes du passé. Une étape clé dans la lutte contre l’impunité.
Par Komi ABLE


