
En annonçant la pose imminente de la première pierre d’un centre commercial moderne au Cices, le Premier ministre Ousmane Sonko a créé une vague d’intérêt au sein du secteur marchand. Présentée comme une réponse concrète aux besoins des commerçants, cette infrastructure soulève néanmoins une question centrale : s’agit-il d’un chantier économique, ou d’un signal politique destiné à repositionner l’État comme acteur protecteur du petit commerce ?
Sonko a insisté sur un accompagnement renforcé, promettant soutien et encadrement. Mais c’est son appel à la « clémence » envers les commerçants ambulants qui retient particulièrement l’attention. En évoquant la nécessité d’un “Yeurmandé” généralisé, il semble vouloir équilibrer fermeté administrative et humanité sociale, un défi rarement maîtrisé dans les grandes villes.
Derrière cette annonce, une curiosité demeure : ce centre commercial sera-t-il un simple projet de modernisation, ou un levier stratégique pour réorganiser l’espace marchand de Dakar ? Le geste rassure, mais ouvre aussi la voie à de multiples interrogations.
Par Komi ABLE


