
Médina Yoro Foulah (Sud du Sénégal) – Dans ce département reculé de la région de Kolda, l’espoir de l’éducation vacille. Les parents d’élèves et les enseignants tirent la sonnette d’alarme face à une situation devenue critique : le manque d’enseignants et la précarité des infrastructures scolaires compromettent gravement l’avenir des enfants.
Une pénurie d’enseignants devenue structurelle
Dans plusieurs localités de Médina Yoro Foulah, la réalité quotidienne est alarmante.
Faute de personnel, un seul enseignant est souvent contraint d’assurer les cours de deux à trois niveaux différents. Un défi humain et pédagogique difficilement soutenable.
« Comment garantir une éducation de qualité quand un maître doit s’occuper seul de plusieurs classes à la fois ? » s’interroge Sano Baldé, citoyenne du département, qui a tenu à lancer un appel au Gouvernement du Sénégal.
Cette situation, selon elle, provoque un effondrement du niveau d’apprentissage. De nombreux élèves passent en classe supérieure sans maîtriser les bases, tandis que d’autres redoublent et finissent par se décourager.
« Ces enfants ne manquent pas d’intelligence, ils manquent simplement de moyens pour apprendre », souligne-t-elle.
Des abris provisoires indignes pour apprendre
Au-delà du manque d’enseignants, les conditions matérielles d’apprentissage sont un autre fléau.
Dans plusieurs villages, les élèves continuent d’étudier sous des abris de fortune, faits de paille ou de tôles, vulnérables à la pluie, au vent et au soleil.
Pendant la saison des pluies, les cours doivent parfois être interrompus, faute de protection.
« Comment parler de l’école de la République quand certains enfants n’ont même pas un toit pour apprendre ? », s’indigne encore Mme Baldé.
Un appel à l’État et à la solidarité nationale
Face à cette détresse, la population locale appelle les autorités à agir.
Sano Baldé plaide pour le déploiement urgent d’enseignants supplémentaires et la construction d’écoles solides et équipées, afin d’assurer aux enfants de Médina Yoro Foulah les mêmes chances que ceux des grandes villes.
« L’éducation est la lumière d’un peuple, rappelle-t-elle. Et aujourd’hui, à Médina Yoro Foulah, cette lumière faiblit dangereusement. »
Cet appel, lancé avec émotion mais sans polémique, se veut un cri de conscience nationale.
Car au-delà des chiffres et des discours, c’est l’avenir de toute une génération d’enfants sénégalais qui se joue, dans le silence des villages oubliés.
🕊️ Cri de cœur de Sano Baldé
Citoyenne Sénégalaise – Médina Yoro Foulah



2 Commentaires
Merci beaucoup camarade Seno Balde pour la pertinence et la profondeur de ce cri du cœur.
La région de Kolda, dans son ensemble, et Médina Yoro Foulah en particulier, subissent depuis des décennies une forme de marginalisation…. C’est un constat partagé par tous ceux qui vivent, étudient et travaillent dans cette partie du Sénégal.
Et la vérité est que nous faisons face à une iniquité territoriale devenue structurelle. Les infrastructures tardent, les enseignants manquent, les routes restent impraticables, et les jeunes, malgré leur talent et leur détermination, se retrouvent à se battre seuls pour accéder aux mêmes chances que d’autres. Alors cette répétition de l’injustice devient, aujourd’hui, insupportable.
L’État ne peut continuer à réclamer l’unité nationale tout en laissant certains territoires à la marge du développement. IMPOSSIBLE. Les filles et fils de Kolda méritent le respect, l’attention et l’investissement qui leur sont dus.
Ah ! j’oubliais que “l’État est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement….” 🤐🤐
C’est une chose très grave pour les jeunes. Nous voulons aide car nous les élèves et étudiants qui ont l’avenir de cet département et en plus dans le pays même .Le problème est que manque d’enseignant,vraiment notre département va mal billahi