
À moins de quarante-huit heures du scrutin présidentiel du 25 octobre 2025, Guillaume Soro, leader de Générations et Peuples Solidaires (GPS), reste d’un silence qui alimente toutes les interrogations. Pendant que la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une période de forte tension préélectorale, les candidats exclus continuent de protester et ceux adoubés par le président sortant, Alassane Ouattara, multiplient les meetings. Dans ce tumulte, l’absence de parole publique de l’ancien Premier ministre surprend et intrigue.
Deux fois Premier ministre en six ans et ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro a longtemps occupé le devant de la scène politique ivoirienne. Artisan du processus de sortie de crise qui porta Alassane Ouattara au pouvoir en 2010, il a toujours su s’imposer dans les moments décisifs. Mais depuis son exil forcé en 2020, celui qui fut particulièrement actif sur les réseaux sociaux semble s’être muré dans un mutisme calculé. Aucun message, aucune déclaration, aucune prise de position officielle.
Pour nombre d’observateurs, ce silence n’a rien d’anodin. Soro n’a jamais été un spectateur passif du jeu politique ivoirien. Connaissant les rouages du pouvoir, il pourrait bien préparer son retour dans l’ombre. Pendant ce temps, le climat préélectoral demeure tendu : violences, arrestations, intimidations et fractures politiques se multiplient. Malgré sa discrétion, l’ex-chef du Parlement conserve une influence souterraine, redoutée par le régime et toujours perceptible dans certaines régions du pays. Son silence, plus que ses mots, semble aujourd’hui peser sur la scène politique ivoirienne.
Par Komi ABLE


