
Le Dande Mayoo, dans la région nord du pays, traverse aujourd’hui l’une des pires crises de son histoire récente. Le fleuve, en furie depuis plusieurs jours, a débordé de son lit, coupant la route reliant Ndouloumadji à Nguidjilone. Les habitants sont pris au piège par les eaux, impuissants face à un désastre naturel qui engloutit tout sur son passage.
Des villages engloutis, des infrastructures paralysées
Les images venues du terrain sont bouleversantes.
Des cimetières entiers ont disparu sous les eaux, des écoles sont submergées, et même les postes de santé — derniers remparts face à la maladie — sont aujourd’hui envahis par la crue. Les familles se réfugient tant bien que mal sur les hauteurs, abandonnant leurs maisons, leurs champs et leurs souvenirs.
“Nous ne savons plus où aller. L’eau a tout pris, même les tombes de nos ancêtres”, témoigne une habitante de Ndouloumadji, les larmes aux yeux.
Une détresse humaine palpable
La situation devient alarmante. Les routes coupées compliquent l’acheminement des vivres et de l’aide humanitaire. Les populations, isolées, manquent de tout : nourriture, eau potable, abris, soins médicaux.
Les enfants, privés d’école, errent dans les campements de fortune. Les maladies hydriques menacent de se propager.
Des solutions existent, mais tardent à se concrétiser
Pourtant, des solutions durables ont été évoquées à maintes reprises : construction de digues, aménagement de bassins de rétention, entretien régulier des lits de fleuves, plans d’évacuation préventive.
Mais faute de moyens, de coordination ou de volonté politique, ces projets restent souvent à l’état de promesses.
Aujourd’hui, la détresse du Dande Mayoo interpelle.
Elle rappelle l’urgence d’agir, non plus dans l’émotion du moment, mais avec une vision durable pour protéger les populations du Nord, victimes récurrentes des colères du fleuve.
La Direction


