
À quelques mois de la présidentielle ivoirienne, la tension monte entre le pouvoir et l’opposition. Le PDCI-RDA, principal parti d’opposition, dénonce l’arrestation de plusieurs de ses cadres, qu’il qualifie de « manœuvre d’intimidation » visant à fragiliser ses structures locales avant le scrutin. Pour le gouvernement, il s’agirait de procédures judiciaires ordinaires sans connotation politique.
Mais la question reste entière : ces arrestations relèvent-elles d’une application stricte de la loi ou d’un calcul politique destiné à neutraliser un adversaire influent ? Dans un pays encore marqué par les fractures post-crise de 2010, chaque geste des autorités est scruté à l’aune du respect des libertés politiques.
Cette affaire met aussi en lumière un enjeu plus large : la Côte d’Ivoire peut-elle garantir un climat électoral apaisé alors que les vieilles rivalités refont surface ? Si la justice se veut indépendante, elle devra prouver qu’elle agit sans agenda caché. Car, dans le contexte actuel, la perception compte autant que la décision judiciaire.
Par Komi ABLE


