Par Sakhir Sarr — Au nom des proches de Talla Sylla

Ce vendredi soir, sur un plateau de grande écoute, le Sénégal a assisté à un spectacle affligeant. Un homme, Malal Talla, autrefois connu sous le nom de « Fou Malade » et jadis perçu comme un défenseur des opprimés, a choisi la veille d’une date symbolique pour commettre une agression d’une rare bassesse.
Pas avec des armes, mais avec des mots. Des mots lourds de mépris, chargés d’une légèreté qui souille la mémoire et piétine la dignité.
En s’attaquant à l’affaire Talla Sylla avec un sourire narquois, Malal Talla n’a pas seulement déçu ceux qui voyaient encore en lui un vestige du mouvement Y’en a marre ; il a révélé la maladie qui le ronge désormais : une amnésie morale doublée d’une indifférence cruelle.
Qu’il nous soit permis de rafraîchir la mémoire de cet activiste égaré.
Ce 5 octobre dont il parle avec tant de désinvolture n’est pas une anecdote ; c’est une cicatrice vivante, encore visible sur le corps et dans la mémoire d’un homme.
Douter de la réalité de cette tentative d’assassinat, c’est cracher sur les séquelles que Talla Sylla porte dans sa chair depuis vingt-deux ans. C’est insulter le travail remarquable des enquêteurs de la Gendarmerie nationale qui ont établi les faits avec rigueur.
C’est, enfin, une seconde agression — morale cette fois — aussi lâche que la première fut brutale.
Le plus pathétique dans cette sortie, ce n’est pas la folie, car Malal n’est pas fou.
C’est sa maladie, une maladie de l’âme qui lui fait oublier que l’homme dont il se moque a fait preuve d’une grandeur que peu d’entre nous pourraient égaler.
En 2013, Talla Sylla n’a pas seulement tourné la page ; il l’a déchirée.
Guidé par les enseignements de son guide spirituel, Cheikhoul Khadim, il a publiquement accordé son pardon à ses agresseurs — et à leurs commanditaires.
Et cette grandeur ne s’est jamais démentie.
Demain, 5 octobre 2025, pendant que Malal Talla se remettra peut-être de sa performance télévisuelle, Talla Sylla, lui, organisera comme chaque année une cérémonie de lecture du Coran.
Non seulement pour ses proches disparus, mais aussi pour prier pour le repos de l’âme de ceux-là mêmes qui ont tenté de lui ôter la vie — et qui, depuis, ont été rappelés à Dieu.
Voilà la différence entre les deux Talla.
L’un, Sylla, porte ses cicatrices avec dignité et répond à la haine par la prière.
L’autre, Malal, trahit son passé d’activiste pour un quart d’heure de buzz, dansant avec un sourire méprisant sur la douleur d’autrui.
Finalement, « Fou Malade » porte bien son nom — non parce qu’il est fou, mais parce qu’il est malade d’avoir perdu l’essence même d’un homme de principe : le respect de la vérité et la compassion pour la souffrance.
On ne peut que le plaindre… et prier pour sa guérison.


