
Mouammar Kadhafi, dirigeant libyen de 1969 à 2011, a marqué les esprits par ses choix politiques et son goût pour la mise en scène. Parmi les éléments les plus singuliers de son régime figurait sa garde rapprochée composée exclusivement de femmes, surnommée la « garde amazonienne ». Ces femmes, formées militairement, étaient chargées d’assurer la sécurité personnelle du « Guide » lors de ses déplacements et apparitions publiques.
Cette unité avait une dimension hautement symbolique. En confiant sa protection à des femmes, Kadhafi rompait avec les traditions militaires dominées par les hommes et projetait une image de modernité et d’émancipation féminine. Le régime mettait également en avant l’idée que ces « amazones » incarnaient une loyauté totale et un dévouement sans faille à leur chef, allant jusqu’à faire vœu de célibat pour se consacrer à leur mission.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, la garde amazonienne devint un outil de communication et de propagande. Les apparitions publiques de Kadhafi entouré de ces gardes spectaculaires renforçaient son aura de chef charismatique et imprévisible. Mais cette image, soigneusement entretenue, contribua aussi à nourrir la controverse autour de son régime, oscillant entre fascination, exotisme et critique de l’autoritarisme.
Par Komi ABLE


