
Au Mali, l’effritement continu de l’autorité de l’État face aux attaques terroristes et aux conflits communautaires a ouvert un boulevard aux réseaux criminels. Dans de nombreuses zones rurales comme urbaines, le vide sécuritaire se traduit par une montée en puissance du grand banditisme, qui s’entremêle souvent avec les logiques armées. Vols à main armée, enlèvements contre rançon et trafics en tout genre prospèrent, accentuant le sentiment d’abandon des populations.
Cette criminalité, qui se greffe sur un contexte déjà explosif, alimente un cercle vicieux. Les communautés, prises en étau entre groupes armés et bandits, se replient sur elles-mêmes et perdent confiance dans l’État, perçu comme incapable d’assurer leur protection. Pour beaucoup de jeunes désœuvrés, rejoindre ces réseaux de banditisme représente une alternative de survie, attirés par des gains rapides dans un environnement où les opportunités économiques restent quasi inexistantes.
Les conséquences vont bien au-delà de la simple insécurité quotidienne. Le banditisme compromet les efforts de développement, entrave la libre circulation des personnes et des biens et mine les rares initiatives de réconciliation. Au final, le Mali se retrouve face à un double défi : combattre le terrorisme et rétablir l’ordre public, tout en offrant des perspectives réelles aux populations afin d’assécher le terreau sur lequel prospèrent les réseaux criminels.
Par Komi ABLE


