Chronique du Pr Alioune Badara Ndiaye

Le village de Balinghore, dans le département de Bignona, accueille cette année un congrès qui, au-delà de sa dimension locale, résonne comme un véritable laboratoire d’idées. Ces rencontres villageoises, souvent discrètes, sont en réalité des moments de haute intensité démocratique. On y débat sans détour des défis du développement, on y partage des expériences, et surtout, on y dessine ensemble des perspectives d’avenir.
La force des coopératives
Au cœur de ce congrès, la question des coopératives villageoises. Celles-ci ne sont pas de simples structures économiques : elles incarnent un état d’esprit, une vision de société fondée sur la solidarité et la mise en commun des ressources. L’économiste Charles Gide le disait avec justesse : « La coopération n’est pas seulement une question d’économie, c’est une question de morale. »
Dans des contextes où les moyens sont limités, les coopératives deviennent des outils d’émancipation. Elles permettent aux paysans, aux artisans, aux femmes et aux jeunes de transformer des efforts dispersés en une force collective capable de peser sur le marché et de renforcer le lien social.
L’audace de l’entrepreneuriat
Mais la coopération seule ne suffit pas. À ses côtés, l’esprit d’entreprise apporte le souffle indispensable de l’innovation et de la créativité. Peter Drucker, référence mondiale du management, résumait cette posture en une phrase : « L’entrepreneur cherche toujours le changement, y répond et l’exploite comme une opportunité. »
Dans nos villages, entreprendre, ce n’est pas seulement chercher le profit individuel ; c’est aussi inventer des solutions adaptées, créer de l’emploi local et ouvrir des perspectives pour la jeunesse.
Coopérer et entreprendre : un tandem gagnant
Opposer coopération et entrepreneuriat serait une erreur. L’un nourrit l’autre. La coopération apporte la force du collectif, la sécurité et l’équité. L’entrepreneuriat insuffle l’énergie du changement et la capacité à saisir les opportunités.
Comme le rappelle la sagesse africaine : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. »
Un appel aux décideurs
Ce message doit être entendu par nos décideurs politiques, nos élus locaux, nos partenaires au développement. Les coopératives villageoises méritent un accompagnement réel : un cadre juridique adapté, un accès facilité au financement, un appui technique et une valorisation de leurs initiatives.Sans cet appui, elles resteront des forces dormantes, incapables de déployer tout leur potentiel. Avec lui, elles deviendront des leviers puissants pour un développement inclusif et durable.
Et maintenant ?
Si nos coopératives villageoises parviennent à s’ouvrir à l’innovation entrepreneuriale, elles deviendront des leviers puissants de développement. L’avenir de nos territoires se jouera dans cette rencontre féconde entre solidarité et audace.
Il est temps de dépasser les discours et de passer à l’action. Comme le dit un proverbe africain : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Unir la solidarité des coopératives et l’audace de l’entrepreneuriat, c’est offrir à nos villages non seulement un avenir plus prospère, mais aussi plus juste et plus digne.


