
C’est un coup de tonnerre dans le microcosme politique ivoirien. Robert Bourgi, avocat franco-libanais et conseiller officieux de nombreux chefs d’État africains, a annoncé sa rupture définitive avec le président Alassane Ouattara. Longtemps considéré comme un proche, il a déclaré qu’il ne lui adresserait « plus jamais la parole », dans une sortie au vitriol sur la chaîne YouTube Décrypter l’Afrique.
À l’origine de cette brouille, la décision du Conseil constitutionnel ivoirien, le 8 septembre, d’écarter Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo de la course à la présidentielle. Robert Bourgi affirme avoir, dès août dernier, exhorté Ouattara à privilégier une compétition ouverte. « Le président Ouattara a eu tort de ne pas écouter ma supplique », a-t-il regretté, exprimant une profonde déception.
Visiblement amer, l’avocat n’a pas ménagé ses mots : « Depuis le 8 septembre, mon estime, ma fraternité, mon affection et mon respect pour le président Ouattara, tout ça a été balayé », a-t-il martelé. Dans un ton solennel, il a conclu son message par une formule définitive : « Soyez sûr, Monsieur le président, que je ne vous reverrai plus. » Une rupture spectaculaire qui pourrait résonner bien au-delà de la Côte d’Ivoire.
Par Komi ABLE


