
À Port-d’Espagne, la capitale de Trinité-et-Tobago, une page de l’histoire vient d’être tournée. La statue de Christophe Colomb, érigée depuis des décennies comme symbole de “découverte”, a été déboulonnée après de vifs débats au sein de la société civile et du monde politique. Pour beaucoup, ce geste marque la volonté d’en finir avec une vision coloniale de l’histoire, longtemps imposée comme vérité officielle.
Les autorités locales justifient cette décision par le besoin de replacer les peuples autochtones et les descendants d’esclaves au cœur du récit national.
Selon elles, glorifier Colomb revenait à occulter les souffrances engendrées par la colonisation, l’esclavage et l’exploitation. « Nous devons écrire notre histoire nous-mêmes, à partir de notre vécu et de notre mémoire collective », a déclaré un responsable culturel lors de la cérémonie.
Si certains saluent une victoire mémorielle et une étape importante vers la décolonisation des imaginaires, d’autres s’interrogent sur ce que remplacera cette statue désormais vide de sens.
Faut-il ériger un monument en hommage aux peuples premiers ? Faut-il commémorer les résistances à l’esclavage ? Le débat reste ouvert, mais une chose est certaine : à Trinité-et-Tobago, la vérité historique prend désormais le pas sur les mythes glorifiés.
Par Komi ABLE



