
Le panafricanisme, longtemps perçu comme un idéal d’unité, de dignité et d’émancipation pour l’Afrique, traverse aujourd’hui une phase de récupération inquiétante.
De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’émergence de « faux panafricanistes », des acteurs qui utilisent ce discours comme un outil de popularité, davantage préoccupés par leurs ambitions personnelles que par la défense réelle des peuples.
Sous couvert de patriotisme et de résistance, certains leaders exploitent la colère sociale et les rancunes historiques pour bâtir leur image publique.
Discours enflammés, attaques contre l’Occident ou les élites locales : les formules séduisent, mais les propositions concrètes font cruellement défaut.
Dans bien des cas, ces postures s’effacent rapidement dès qu’une opportunité politique, une nomination ou un avantage matériel se présente.
Cette dérive fragilise la crédibilité du véritable panafricanisme, au risque de détourner la jeunesse d’un projet qui devrait être porteur d’espoir.
En transformant une cause noble en slogan creux, les « faux panafricanistes » brouillent le message et alimentent la désillusion.
L’histoire retiendra non pas ceux qui ont cherché à se servir de cette idéologie comme tremplin, mais ceux qui auront œuvré sincèrement à la construction d’une Afrique unie et souveraine.
Par Komi ABLE


