Chronique du Pr Alioune Badara Ndiaye

Chaque jour ou presque, les routes du Sénégal endeuillent des familles. Selon les statistiques officielles, plusieurs milliers d’accidents sont enregistrés chaque année, faisant des centaines de morts et des blessés graves. Un bilan qui place la sécurité routière parmi les grands défis nationaux.
Des comportements à risque
La première cause pointée du doigt reste le facteur humain. Excès de vitesse, dépassements dangereux, conduite sous l’emprise de l’alcool ou de la fatigue : les comportements imprudents sont fréquents. Dans Dakar comme sur les routes interurbaines, de nombreux conducteurs roulent au-delà des limites autorisées.
Le non-respect du code de la route est également une réalité visible au quotidien : motos sans casque, automobilistes sans ceinture, feux rouges franchis, stops ignorés. Beaucoup de conducteurs n’ont reçu qu’une formation sommaire avant de prendre le volant, ce qui accentue les risques.
Des routes inadaptées
Les infrastructures jouent aussi un rôle important. Nombreuses routes sont dégradées, parsemées de nids-de-poule qui provoquent des pertes de contrôle, surtout pour les deux-roues. La signalisation est souvent absente ou insuffisante : feux en panne, panneaux manquants, passages piétons inexistants.
En dehors des grandes villes, les contrôles routiers sont rares, ce qui laisse prospérer l’indiscipline.
Un contexte social et urbain défavorable
La circulation sénégalaise est marquée par une grande mixité : voitures, motos, charrettes, piétons et parfois même animaux partagent la chaussée. Avec l’urbanisation rapide et la densité croissante du trafic, les embouteillages favorisent les manœuvres risquées et les comportements agressifs.
À cela s’ajoute un manque de sensibilisation. Beaucoup d’usagers, conducteurs comme piétons, ignorent encore les règles de sécurité ou n’en mesurent pas l’importance.
Des facteurs aggravants
Les motos et taxis-motos, de plus en plus répandus, sont souvent utilisés sans casque, à vive allure et parfois en surcharge. Le non-port de la ceinture de sécurité reste courant, malgré les campagnes de sensibilisation. Enfin, le transport de passagers et de marchandises en surnombre fragilise la stabilité des véhicules et amplifie les conséquences des accidents.
Une urgence nationale
Face à ce fléau, experts et autorités s’accordent sur l’urgence d’une action globale :
- renforcer la formation et la sensibilisation des conducteurs,
- améliorer les routes et la signalisation,
- multiplier les contrôles et sanctions,
- et promouvoir une culture de sécurité routière dans tout le pays.
Car au-delà des chiffres, ce sont des vies humaines qui s’éteignent sur nos routes, chaque jour, souvent dans l’indifférence générale.


